GÉNÉRATION À VENIR 2022

Formation politique des jeunes leaders par la Fondation Allemande Friedrich Ebert Stiftung

La transhumance politique, un fléau pour la démocratie

Le samedi 24 septembre 2022, à l’occasion de la 7ème session du programme « Génération à venir »

les auditeurs et auditrices du programme à Abidjan ont échangé en afterwork autour du thème de la transhumance politique. Monsieur Eric Dohou, fondateur du mouvement la Garde citoyenne était l’invité.

Des discussions, il est ressorti que le nomadisme ou la transhumance politique est une réalité dans bon nombre de pays d’Afrique subsaharienne. De l’avis de plusieurs jeunes au programme, la transhumance est clairement un fléau pour la démocratie en Afrique. Pour eux, elle cultive et entretient l’immoralité et la corruption en politique. Elle fait de certains politiciens des personnes viles en quête de quelques avantages matériels et de promotions politiques personnelles. Elle affaiblit les partis d’opposition dont les élus sont à la merci des majorités au pouvoir. La transhumance politique fragilise également le rôle des partis d’opposition comme des contrepoids indispensables au bon fonctionnement de la démocratie.


Pour y remédier, certains jeunes penchent pour une déchéance légale automatique pour tout élu qui, en cours de législature, démissionne ou passe d’une formation politique à une autre. Pour d’autres auditeurs au programme, cette solution paraît trop rigide. Elle paraît obliger le militant politique ou l’élu à garder sa formation politique initiale même si les valeurs qui y sont développées ne sont plus en accord avec celles promues en démocratie. Pour ces derniers, le problème central de la transhumance politique se trouve ailleurs. Il se trouve dans la question de l’accès aux ressources financières utile dans la conquête et l’exercice du pouvoir d’Etat. C’est pourquoi, suggèrent-ils l’adoption de normes aux dispositions claires sur le financement des partis et groupements politiques ainsi que la mise en place d’institutions véritablement indépendantes pour garantir l’effectivité de l’application de ces normes.

En guise de résumé de ses propos, l’invité M. Eric Dohou, quant à lui, a tenu à souligner que le fait, pour un individu, de passer d’un parti à un autre ou d’une idéologie à une autre lui paraissait une chose normale voire un droit garanti par les règles de l’exercice démocratique. Par contre, pour lui, la transhumance d’un acteur politique devient problématique quand elle se fait pour des ambitions politiques et des intérêts financiers égoïstes. Elle devient même immorale quand elle se fait au détriment des convictions personnelles, des valeurs de probité qu’exige la fonction politique et de la confiance des populations qui ont voté. C’est justement, a-t-il précisé, les nombreux cas de transhumance, de dédit, de non-respect de la parole donnée qui poussent les populations, se sentant trahies et manipulées, à se désintéresser des questions politiques et des processus électoraux.

En dehors de l’afterwork, dans la matinée, en compagnie de M. Adjon Ghislain DANHO, Expert en migrations, les auditeurs au programme ont été instruits sur les politiques migratoires prospectives. Après quoi, Mme Kouadio Chantal Epse AYEMOU, présidente du RIDDEF, a formé les jeunes aux stratégies de plaidoyer et de mobilisation de ressources.

#Friedrich Ebert Stiftung

La démocratie a besoin de démocrates

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